Lecture publique en Avignon d'un texte de Kerouac sur la Beat Generation par Alain Jégou en avril 2010.
Lecture précédée d'une introduction de Jean Azarel à propos du livre écrit à trois mains par Lucien Suel, Jean Azarel et Alain Jégou Papy Beat Generation.
” HELLO BROTHER CAPTAIN ALAIN” Hello brother captain Alain T’es parti pour de bon à ce qu’on dit La mer au milieu La terre dessus Le ciel dessous Odeur de poiscaille et de nitroglycérine Pour faire péter les vieux codes qui nous ont menés là Fumet rock n’roll Bastringue de peau sur la passe ouest La poésie partout Peintures navajos sur la langue Trop belle ta langue …. Que blablater sur ta mort ? Que tu m’as fait renaître à l’écriture Que chaque fois à tes côtés c’était le mariage gai Que l’esprit sain vaut mieux que le saint esprit bien que rien ne soit irréconciliable Que faire ensemble « Papy beat generation » m’a redonné goût à cette putain de vie Que qui n’a pas lu « Ikaria LO », « Comme du vivant d’écume » ou ton last but not least « Une meurtrière dans l’éternité / Boucaille » ferait bien de se grouiller, on peut crever à tout moment Que j’ai mangé chez toi et Marie Paule les meilleures langoustines de la création Que c’était indicible de serrer dans mes bras ton corps amaigri la dernière fois qu’on s’est vus Que DSK et Guéant ne savent même pas qui tu es, la honte ! Que tu joues les poissons-volant là haut, aux côtés de Charlie l’Oiseau Parker Que cette chimio de merde que tu as endurée pendant des mois sans moufter sur tes douleurs n’a servi à rien Que Claude Pélieu te salue bien haut Que Jack, Lawrence, Bill, Bob, Neal, Charles, plus tous les doux dingues anonymes qui ont eu le blaze de te connaître te saluent bien haut Que Lu, Karine, Pam, Joëlle, et toutes autres gonzesses remarquables te saluent bien haut Que la flottille d’éditeurs qui t’ont publié te salue bien haut Que j’essaie de ne pas chialer mais que j’ai du mal Que t’étais mon grand frère d’armes, et que nos armes faisaient l’amour avec les mots et pas la guerre, même si ça fait rire au crépuscule des crétins Que je vais laisser là « Love is everywhere » qui te bottait bien et sur lequel tu n’as pas eu le temps de bosser en priant la dive bouteille que les textes soient à la hauteur, parce qu’y a rien à faire d’autre Que baiser la plus belle fille du monde en ton honneur ne changerait rien à l’affaire Qu’il ne faut pas confondre le grillon de la mer avec celui du foyer Qu’à part mon père et mon fils, ce qui est paraît-il bien normal, je n’ai pas adoubé tant d’hommes que ça Que malgré le drapeau noir planté dans le cœur, je n’ai pas de haine car tu m’as écrit un jour que tu étais content de me connaître Qu’on ne t’oubliera pas, que tu étais un vrai poète, que tu étais un homme libre, qu’on donnera ton nom à une rue de Lorient, et toutes ces conneries convenues des hommages de crevaille Que je vais fumer un gros joint en écoutant les Doors, parce que j’ai besoin de notre musique plus que de filles faciles Que tu étais l’initié parfait qui sait la simplicité des grands mystères Que sans le savoir tu m’as aidé à payer ma dette à quelques vieux elfes déjantés au nom secret qui roupillaient dans mon ventre Que le congre de service dit toujours ouigre Que t’avais le cœur en bouillabaisse d’espèces nobles et que le mien passe de médina en confettis Que je pense à ta compagne Que je n’en ai pas fini avec toi Que ça va chier dans les filets Hello brother captain T’en as bavé sur la fin Mais pendant longtemps La pêche a été bonne