
La mort est ici chez elle, plus que partout ailleurs sans doute. La mer et elle ont toujours fait bon ménage, et la campagne également. L’Ankou errant un jour sur sa barcasse au milieu du flot et l’autre sur sa charrette au cœur des bois et des champs, des scènes fortement ancrées dans l’imagerie populaire.
J’entretiens effectivement un profond rapport affectif avec ce pays qui m’a vu naître. L’errance, la mer, la mort, sont aussi des sujets qui m’ont toujours fasciné. Je pense qu’on ne peut y échapper lorsqu’on vit ici. J’ai lu récemment le journal d’une écrivain née à Brest en 1875 et morte à Lorient en 1918 : Marie Lenéru. J’ai retenu cette phrase d’elle, extraite d’une page écrite en 1899, alors qu’elle n’avait que 24 ans : « la mort ne vaut pas d’être une obsession. Elle est à sa place au bout de la vie ; ne l’en dérangeons pas. » C’est de cette façon, je crois, que nous devons composer avec la mort, ne pas l’occulter, mais ne pas en faire notre principal sujet de préoccupation non plus. Autre phrase, extraite du journal de Marie Lenéru, qui m’a particulièrement touché : « Ailleurs, les hommes sont enfouis ; il n’y a que près de la mer qu’on remonte à la surface. » C’est tellement vrai en ce qui me concerne !

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